Ce matin, ils ont tous dit que j'étais naïve, tous, sauf Sandra, merci. C'est pas vrai, hein ? Je suis pas naïve, hein ? Même si quand on me dit « Regarde, y'a Pikachu là-bas, je fait rouler mes yeux dans leurs orbites dans la direction que pointe du doigt la personne qui cherche à me ridiculiser ... Et y'a Aussi Esther qui dit que je suis pessimiste, mais ça c'est pas vrai, parce que Arnaud, il a dit que j'étais optimiste et que Gabrielle et Emeline ont acquiescé. D'abord. Et puis aussi, aujourd'hui, c'était l'anniversaire de ma Maman. Elle voulait pas que je le dise, mais c'est pas grave, ici, personne ne la connaît, enfin, presque personne. Elle va bouder si la Maman d'Agathe l'apprend par Agathe en personne, qui l'aura appris par Cindy, qui l'aura appris par Marion, parce que Agathe, c'est plus ma copine d'abord et qu'elle vient plus sur mon blog maintenant. Peut-être que c'est un peu dommage qu'on se soit autant éloignées toutes les deux (pas la peine de le répeter, je suis déjà au courant, c'est de ma faute, et uniquement de ma faute), alors que l'on était si proches. Un cinéma, une musique, des sourires, des larmes, un nounours borgne, un lapinou tout doux, de la jalousie, des sorbets, des jus de fruits, du sable fin, de la complicité, du soutien, mais peut-être que je pourrais résumer tout ça en un mot, de l'amitié, pas celle où on se cache tout, pas celle où on se critique par derrière, non, de l'amitié, de la vraie, de l'authentique. Bref, passons ... Donc aujourd'hui, j'ai été au cirque. Oui, mesdames et messieurs, au cirque. J'entends déjà les rires moqueurs, « Oh la gamine, elle va au cirque », et bin oui, je vais au cirque, et je ne regrette pas. Parce que je trouve ça magnifique, magique, et tout ce qui va avec. Parce que voir voltiger ces trapézistes à des mètres du sol me fait r^ver, parce que les clown au nez rouge me font rire, parce que les tigres qui passent à travers des anneaux de feu m'impressionnent, ou peut-être aussi parce qu'au fond, le cirque, c'est un spectacle inoubliable. Le principe, c'est un chapiteau rouge et jaune devant lequel tu laisses tous tes soucis et tous tes tracas quotidiens pour retrouver cette âme d'enfance ébahie, c'est une piste éclairée par de grands spots multicolores, c'est des musiques entraînantes, le genre de musiques que quand tu les écoutes, tu te surprend à envisager un avenir extraordinaire, impossible, mais c'est là qu'intervient la magie du rêve, c'est des gradins où à côté de toi, y'a un petit garçon qui s'endort sur ton épaule, mais c'est aussi une tonne d'enfants, les yeux pétillants de malice et d'insouciance, le sourire aux lèvres, et cette énergie qui les fait applaudir le plus fort possible. J'ai retrouvé au cirque un animateur du centre-aéré, mon animateur à moi, tu sais, N'Zo, même qu'il est déjà passé à « C'est mon choix ». Si, si, c'est pas des blagues, tu sais, celui qu'avait retenu les prénoms de toutes les personnes présentes dans le public. Et N'Zo, il était gentil, avec tout le monde, même avec celle qu'il appelait Riane-Do, sa petite libellule blonde comme il disait. Et une fois de plus, N'Zo, faisait rire et animait des dizaines d'enfants. Je n'ai pas pu m'empêcher de m'aventurer près des gradins de ces petits bouts de chou aux bouilles d'enfants malicieux. C'est alors qu'N'Zo, a froncé ces sourcils, m'a afficé un grand sourire, m'a pointé du doigt, et d'un ton que je reconnaîtrais parmi tant d'autres, « Doriane ». Oui, je l'avais reconnu, et oui, il avait reconnu la petite fille timide aux nattes blondes, calme, celle qui n'aimait pas jouer au foot et qui préférais les « jeux d'intérieur » ou les activités manuelles, celle qui prenais toujours du chocolat au riz et de la grenadine au goûter alors que personne n'aimait ça, et celle qui, loin d'être débrouillarde ne savait pas comment on faisait pour aller demander de l'eau aux dames de service à la cantine, et, qui, à chaque fois qu'elle avait à y aller rougissait jusqu'aux oreilles en répondant d'un toute petite voix gênée « Je sais pas comment on fait », alors on rigolait, on disait qu'elle était mignonne et que c'était pas grave, qu'on allait lui'apprendre à demander de l'eau, et on lui expliquait qu'il fallait aller jusqu'à la petite lucarne qui donnait sur la cuisine, et demander poliment une carafe d'eau, en précisant à quelle table on était, cette même petite fille dont les parents arrivaient toujours les derniers en retard pour la récupérer parce qu'ils étaient partis trop tard du travail et avec qui les animateurs partageaient les paquets de chips et séchaient ses larmes en lui disant que c'était pas grave si ses parents n'étaient pas encore là, qui allaient arriver d'une minute à l'autre et puis qu'ils ne l'avaient pas oublié bien sûr. Oui oui, N'Zo se souvenait de tout ça. Alors on a parlé, du centre aéré, de mes projets, des siens, et de beaucoup d'autres choses. Et puis on a échangé nos adresses mail, « si jamais un jour tu as besoin de tuyaux pour ton BAFA », et on est allés se rasseoir à nos places respectives. J'admire ce mec ... Réussir à donner un sourire sur tous les visages, y compris sur le sien sans même hausser la voix, sans même acheter l'attention des enfants avec des barbes à papa ou des sucreries, sans même soupirer, bref, c'est vraiment un homme admirable. Quand je serais institutrice, encore faudrait-il que je le soit, j'aimerai être comme N'Zo.
J'ai froid. Normal, j'avais pas d'écharpe. Pas vrai Cindy ché-plus-comment. Sarah est stupide. Mais c'est bien pour ça que je l'aime autant, même si les Muffin chez Starbuck's sont trop bourratifs. Je n'en dirais pas plus, elle comprendra aisément pourquoi.
Je vous explique la situation. Oui, je suis un cas désespéré. Oui, j'écoute en ce moment même Alizée, l'idole de mon enfance. Oui, j'ai pris deux kilos. Oui, y'a des claques qui se perdent. Oui oui et encore oui. Bon, commençons par le commencement, je n'ai pas d'écran d'ordinateur. Dommage, je ne peux plus faire mes recherches scolaires ni l'exposé avec Sarah Rab** que je n'ai pas commencé. Vraiment dommage. Mais le pire du pire, je ne peux plus alimenter mon blog, ni communiquer via MSN. Peut-être que je suis dépendante pour en arriver à la technique « je poste de nouveaux articles par sms ». J'ai retrouvé le CD de mon enfance, Gourmandises d'Alizée. Je vous rafraîchit la mémoire ? « Moi je m'appelle Lolita, Lo ou bien Lola, du pareil au même ». Rassurez-moi, vous aussi vous dansiez au rythme endiablé de sa voix, vous aussi vous preniez votre brosse à cheveux en guise de micro et vous déhanchiez devant le miroir de la chambre de votre Maman perchée sur de hauts talons de trois pointures plus grands que vous, vous aussi vous rêviez de danser un slow avec votre amoureux sur « Parler tout bas », bien que pas trop adapté comme slow, vous aussi vous écriviez des lettres au Fan Club de cette idole pour lui dire que vous l'admiriez et lui raconter votre petite vie d'écolière amoureuse du mec au cartable bleu Batman mais que vous n'osiez pas aborder par timidité, vous aussi vous appreniez les paroles de Moi ... Lolita par c½ur. Vous étiez bien comme moi, hein ? Pas vrai ? Et puis aujourd'hui, cette insouciance d'enfance, je l'ai retrouvé, en chantant à tue-tête avec Estelle et Esther, tout en étalant de délicieuses crêpes Nutella-Chantilly sur la plaque. C'était magique. On connaissait toujours les paroles par c½ur, et c'était super de s'en rendre compte. Alors, nous chantions, chantions et éclations de rire. La Chantilly et le Nutella étaient pleins de calories superflues, la vaisselle était difficile, et la mécanique pour remonter un écran d'ordinateur nous a coûté bien des efforts. Mais nous y sommes parvenus, parce qu'entre une attardée cérébrale destructrice de chiens moléculaires blonde qui percutera Jupiter dans son avenir, une folle digne de ce nom qui passe tous ses cours à dessiner des moutons qui sautent par-dessus des barrières et qui parle toute seule à son téléphone, et un nem qui partage mon dégoût pour les profiteurs, impossible de ne pas réussir à rebrancher un écran d'ordinateur avec un tournevis croisé en tournant « vers la gauche ! ». Au fond, je les aime bien quand même mes passe-temps de cours ! Parce qu'au fond, elle me font quand même bien rire, même si dans ma classe je suis victime des moqueries et de la méchanceté. Je reste la meilleure en matière de persuasion pour faire dégager Thomas et Alexandre « par galanterie » de la table de français que je veux parce qu'elle est près du radiateur. Y'a aussi Gabrielle qui juge le livre beaucoup trop gros et trop chiant avant même de l'avoir ouvert. Et Sacha, grand fan des Paradise Kiss et de leurs scènes pornographiques, ou érotiques comme il dit. Pierre, qui devrait s'attacher les cheveux en SVT. Clarisse, qui n'aime pas les vecteurs, ni la prof de maths. Syphax, qui migre de la salle de chinois au couloir. Arnaud qui dit que y'a des explosifs dans les consoles de jeux. Maya qu'a un nouveau sac qu'elle a acheté à 7¤ chez Etam. Emmeline qu'a fait les soldes et qu'a un pull H&M que je veux les même. Laura qui n'aime pas les crêpes au Nutella de la cantine. Benjamin qui se moque de mes étiquettes avec écrit « Dorian Verdin », celles qui sont sur mes chaussettes. Claire qui ne lit pas ses livres de français, juste comme moi. Thomas qui cache bien son jeu. Clément qu'est capable de dire au prof de français qu'il est très bien habillé pour pouvoir sortir en récré. Daniel qui n'a jamais d'argent pour la boulangerie et qui taxe tout à Sandra. Florian, dont je ne connais rien. Thibault qui, si il n'a pas vingt a dix neuf et demi. Alexane qui ne connaît pas « alias ». Axel qui m'a fait écouter un humoriste plutôt comique dans la file de la cantine et qui m'a filé toutes les réponses des exercices d'anglais. Charles qui me traite de Brigitte Bardot. Audrey qui fait toujours des provisions en sel sur son plateau. Laura qui va se déguiser pour la manga-expo. Laurine qui nous montre la photo de sa carte d'identité sur laquelle elle est adorable. Priscillia qui connaît Dofus, un jeu hyper compliqé qu'on a beau m'en dire du bien, ça me dit rien. Charlotte qu'a un accent anglais trop mignon. Solène qui se moque du fameux accent. Claire qui bavarde en physiques. Romain qui roule du cul. Mélanie sur qui je ne ferais aucun commentaire vu mon humeur du jour envers sa personne. Sarah qui refuse toute collaboration a un exposé de merde. Johanna qui m'a donné des trucs à manger trop trop bon qu'on sait pas trop ce que c'était mais que c'était trop bon. Audrey dont j'admire le style vestimentaire, les pois, les rayures. Marianne qui nous demande d'être sincère et de lui dire la couleur de son pull, avec son pull bleu marine qu'est pas noir et que merde, bin Marianne, ça va pas avec le slim noir ça, non mais dis donc. Sandra avec qui on a fait tompber une pomme, une pierre et un ballon sur la lune et sur Mars. Oui, au fond, la Seconde F, je l'aime bien. Un peu. Même avec des conversations MSN où ça sonne toutes les secondes, parce qu'on balance toutes nos déclarations d'amour à une classe entière réunie et même que ça me rassure de les voir connectés et de me dire que je ne suis pas la seule à ne pas réviser la géo.
Et puis aussi, y'a ces gens, ceux que j'appelle les gens de l'en dernier, mais, qui, au fond sont aussi les gens de cette année, et de toutes celles à venir, puisque, ce sont des gens que l'on n'oublie pas. Parmi ce gens, je comptabilise Aïda, quoi qu'elle puisse dire, mais aussi Sarah, Alice, Lete, Lauren, Gaëlle, Sophie, Anaïs, Charlotte, et puis d'autres ...
Et puis y'a un certain Biwi, celui-là, le même que celui qu'est de nouveau avec une nouvelle pétasse ... Lui, je l'aime encore. Chut, c'est un secret. Faut pas le dire. Sur ce, je vous laisse, étant fatiguée d'une journée fatigante. Les gens, si j'ai bien un truc à dire ce soir, c'est que je vous aime, c'est merci d'être là. Sweet dreams comme dirait Sacha. Et puis je m'en vais, parce que dans la conversation de la Seconde F, la solidarité féminine de Gaby avec un « b » et un « y », ne pourra se poursuivre, puisque je me retrouve être la seule être féminine de la conversation, quoi qu'il paraît que pour Alexandre, ça reste à prouver ...
picture => la Seconde F by Audrey.